Adagio d’Albinoni

Une introduction à la vie… Un sentiment qui grandit… Mélange de peine, de mélancolie avec des petites notes de respiration et d’espoir… Tout monte pour une acceptation de soi, de ce que l’on est… Et cela s’intensifie… Des va-et-vient de plus en plus puissants… Des sentiments décuplés par mille… Touchant l’enfant qui se trouve à l’intérieur de ce corps d’adulte…

Accepter… Mais comment accepter d’être condamnée à rester un funambule funéraire ? Il n’y a plus de tourbillon, plus de toile… Juste un fil où, des deux côtés, se trouve la vie…

Alors, tu avances sur ce fil, toute seule, face à toi même… pour ne pas tomber… Quel contrôle tu dois avoir pour ne pas tomber, cela fait beaucoup… Beaucoup trop…

Et tu te poses une question: « Qu’est-ce qui est le plus important : vivre ou rester seule, face à soi-même ? »

Malheureusement, pour toi, actuellement, aucun des deux… Cependant, le combat existe entre ce contrôle et la chute d’un côté ou d’un autre. Être seule face à toi-même, ce n’est pas uniquement accepter… C’est aussi regarder et commencer à ressentir… Ressentir le vide d’être seule…

Affronter ou fuir, tel est ton dilemme… Un déchirement qui t’écartèle en deux à l’ intérieur… psychiquement et physiquement… Pour l’instant, tu n’as aucune solution… Ça demande une telle force… Tu veux y croire et tu te bats mais le trou s’approfondit. A un moment, tu as cru toucher le sol… de la pointe des pieds… Tu as commencé à te poser mais ce n’était qu’une illusion… le sol est encore plus bas.

Pourtant, en vérité, ces questionnements ne concerne que la résignation… et tu les nommes à tort : « acceptation de soi »… Ton funambule est un dilemme entre rester sur le fil ou chuter. Ce fil ne représente en fait que l’évitement, sois-en consciente… Tu évites de vivre pour éviter d’être transpercée, empalée, par une vie dans laquelle tu te sens trop sensible… Et ça te demande beaucoup d’efforts… Tellement d’efforts…

Au final, que fait un funambule qui évolue sur un fil dangereusement haut ? Il traverse ce fil et descend par l’échelle…

Alors, pose-toi cette question : « Qu’est-ce qui tend le fil ? »… Il y a certainement deux poteaux, deux structures porteuses… Et ces structures ne sont-elles pas tes bases, ton roc qui t’empêchent de crouler depuis toutes ces années… Qui sont ces structures porteuses, d’après toi ?

Si tu y crois, tu constateras sûrement qu’il y a une autre échelle de l’autre côté…

Si tu y crois…

La toile

Cela fait des semaines que tu es dans une toile
Tu ne prends plus de le temps de regarder les étoiles
Cette trop brève histoire que tu voulais idéale
T’a fait tombé si bas… ce monde est bien bestial

La profonde tristesse de connaitre ton état
Atténue le bonheur de te savoir près de moi
Oui, tu es revenue mais n’es pas vraiment là
Et ton cœur anesthésié met le mien bien à plat

Couverte de cicatrices et plus jamais sereine
Je te vois malmenée et je sens monter la haine
En tant que protecteur, je te construis un domaine
Une bulle faite de tendresse où tu seras la reine

Ça te demandera des mois pour surmonter cela
Comme ma vie est à toi, je serai toujours là
Pour panser tes blessures, te serrer dans mes bras
Je t’attends, mon amour, prends le temps qu’il faudra…

Avec des mots

Te faire l’amour avec des mots
Est la seule chose qu’il m’est permise
Car tant que tu me tournes le dos
Je ne peux commettre de méprise

Pourtant je voudrais te serrer
Tout contre moi et t’embrasser
Doucement tes vêtements ôter
Afin de ne pas te brusquer

Caresser ta peau avec affection
Poser mes lèvres sur ton front
Puis dans ton cou, puis sur tes seins
Dans tes cheveux passer mes mains

Très lentement vers les trésors
Je sentirais vibrer ton corps
La température augmenterait
Mes caresses s’intensifieraient

Je devinerais tous tes désirs
Mon seul dessein les assouvir
Tu courberais alors les reins
Me supplierais, me dirais viens

Dans une étreinte toute inconnue
Nous ferions l’amour sans retenue
A bout de souffle, toute éperdue
Tu implorerais que je continue

A un moment, presque inconsciente
Je sentirais se tordre ton corps
Annonçant ta venue imminente
Je redoublerais les efforts

A la toute fin de nos ébats
Quand tu as atteint le nirvana
On garderait nos corps serrés
Pour cet instant faire prolonger

Mais tant que tu me tournes le dos
Tous mes désirs je les maitrise
Te faire l’amour avec des mots
Est la seule chose qu’il m’est permise

Pas assez de temps

J’ai pour vous tellement d’amour
Qu’il est impossible d’en faire le tour
A vélo, en voiture ou en train
Il est vraiment trop long le chemin

Lorsque j’essaie par SMS
Mon opérateur dit qu’il faut que je cesse
Que leur réseau est saturé
Par mes rimes et par mes couplets

Si je le fais par le téléphone
Tous les jours il faut que je re-sonne
Mon oreille chauffe et c’est l’enfer
Du cerveau j’vais me choper le cancer

Sur un blog, c’est plus efficace
Mais mon clavier me demande grâce
Il pleure et râle comme une vieille hyène
Et à chaque œil je perds des dixièmes

La seule façon qui me laisse assez de temps
Pour exprimer tous ces sentiments
De mes jours est de passer le restant
A vos cotés… Madame Rolland

Dans notre lit

Toutes les nuits, je cherche ta main
Dans notre lit mais je ne trouve rien
Seul dans les draps, sans autre présence
Que ce fantôme né de ton absence

Je parcours les lettres de notre passé
Et toutes ces traces que tu as laissées
Mon cœur est las de cette vie d’errance
Mais dans d’autres bras, tu cherches ta chance

Tako Tsubo

L’amour est le sentiment suprême
Il est fait de patience, de tendresse et de haine
Tako Tsubo

Tu étais le printemps et moi, je suis l’automne
Ton cœur se prend alors que le mien se donne
Tako Tsubo

N’oublie jamais comme je t’aime, Stéphanie
Même si, loin de moi, peu à peu tu m’oublies
Tako Tsubo

Désormais, les parois de ma vie sont si lisses
Et plus je m’y accroche… et plus je glisse
Tako Tsubo

Sans plus aucune larme pour noyer mon chagrin
A petit feu, mon cœur brisé s’éteint
Tako Tsubo

Tako Tsubo…

Retour au noir

Elle ne m’a pas laissé le temps de regretter
Elle est partie avec sa chatte mouillée
Elle m’a laissé avec ma sale arrogance
Et mes larmes refoulées ou séchées

Tu retournes à ce que tu ignores encore
T’éloignant si loin de tout ce que nous avons vécu
Je marche sur un chemin déjà emprunté
Mes chances se réduisent
Et je retourne à la déprime

Nous nous sommes seulement dit au revoir avec des mots
Je suis mort des centaines de fois
Toi tu retournes à lui
Et moi je retourne…
Je retourne à nous

Je t’aime tellement
Ce n’est pas assez
Tu aimes la poudre et j’aime l’herbe
La vie est comme un tunnel
Et moi une petite pièce qui longe les murs

Nous nous sommes seulement dit au revoir avec des mots
Je suis mort des centaines de fois
Toi tu retournes à lui
Et moi, je retourne au noir

Nous nous sommes seulement dit au revoir avec des mots
Je suis mort des centaines de fois
Toi tu retournes à lui
Et moi, je retourne au noir

Texte largement inspiré de la chanson « Back to black » d’Amy Winehouse

Maniaco-dépression

C’est une maladie sans doute très commune
Qui pourrit la vie et joue l’importune

Elle arrive un jour, souvent un matin
Nous rend notre humour alors tout va bien

Puis, petit à petit, presque imperceptible
Elle s’intensifie, nous fait indestructible

Plus rien ne compte alors que notre perception
Amis et famille deviennent tous des cons

Tous ceux qu’on aimait n’ont plus d’importance
Violent, insatisfait, on vit d’arrogance

Nos valeurs d’avant pourtant bien ancrées
Ne sont que du vent, entièrement révisées

On brise toutes les règles de moralité
On en viendrait même à se mettre en danger

Puis, avec le temps, sans savoir pourquoi
On rentre nos dents, c’est le désarroi

On fait face alors à un pire combat
Admettre  les erreurs, constater les dégâts

Sans force mentale, complètement esseulé
Il nous reste seulement les yeux pour pleurer

Gêné de nos actes et de nos paroles
Rien n’est plus intact alors on s’isole

On a tout détruit et on ne comprend pas
Cette personne passée qui n’était pas soi

Amis et famille pourront-ils pardonner
Notre vile infamie, la douleur infligée

Avec la bienveillance de ceux qui pardonnent
Lentement on redevient notre vraie personne

On veut se soigner mais on sait déjà
Que ça ne tiendra que jusqu’à la prochaine fois

C’est une maladie sans doute très commune
Qui pourrit la vie et joue l’importune…

Aux abonnés absents

J’ai rangé la maison
Et j’ai lavé le sol
Tondu tout le gazon
Mis Loris à l’école

J’ai trouvé un boulot
Où je me brise les os
Fini tous les travaux
Et perdu dix kilos

Comme Jonasz j’ai vidé
Toute l’eau des rivières
Levé tous les cailloux
Pour te chercher partout

Si seulement je pouvais
Remonter dans le temps
Les manques que tu avais
S’raient comblés dans l’instant

Les choses que tu faisais
Toute seule je reconnais
A deux on s’rait maintenant
Je t’en fais le serment

J’ai le cœur en bouillie
Depuis qu’tu es partie
C’est ma faute je le sais
Et pour ça je me hais

Tu étais ma moitié
Et tu étais mon tout
Je suis mort à jamais
Et je pleure à genou

Pourrais-je un jour revivre
Repartir de l’avant
Sans aucune joie de vivre
Sans la femme que j’aime tant

Je t’en prie mon amour
Reviens à mes côtés
Je ferai c’qu’il faut pour
Te rendre heureuse et comblée

Mais mes mots sont du vent
Ton oreille est fermée
Ton cœur est désormais
Aux abonnés absents